3 qualités indispensables pour devenir avocat
Par Joris Schmit — 2026-08-28
Ni un dossier parfait, ni un carnet d'adresses : un avocat du barreau de Blois révèle les 3 qualités qui font vraiment tenir dans le métier sur la durée.
Quelles qualités faut-il pour devenir avocat ? Ni un dossier universitaire parfait, ni un carnet d'adresses. Joris Schmit, avocat en exercice au barreau de Blois, en retient trois : l'humilité, la rigueur et la persévérance. Trois qualités qu'on apprend essentiellement en pratique et qui décident de la longévité dans une profession où 52 %* des avocats envisagent de quitter la profession avant l'âge de la retraite.
Interview réalisée le 29 juillet 2026 • Paris • Par Cassandre Thevin
1. L'humilité : savoir encaisser les échecs
« Il faut beaucoup d'humilité dans ce métier, notamment pour pouvoir encaisser les échecs. Bien qu'il faille aussi avoir un certain ego, je pense que ça peut aider. Ce n’est pas trop mon cas, je n’ai pas forcément un ego surdimensionné [rires].
Pensez-vous qu’il faille avoir un gros ego pour être un bon avocat ?
Certains avocats, les grands ténors du barreau, peuvent avoir un énorme ego, mais cela n’est pas indispensable pour être un bon avocat. »
💡 Le saviez-vous ? L'avocat n'est tenu que d'une obligation de moyens et non de résultat.
2. La rigueur : s'organiser pour ne rien laisser passer
« J'enfonce une porte ouverte, mais la rigueur est nécessaire dans ce métier. On nous apprend depuis le début de la faculté à être rigoureux et organisé.
Sans ces deux qualités, on peut vite s'éparpiller, se perdre et ensuite déployer beaucoup d'énergie pour essayer de se “rattraper aux branches”.
En étant rigoureux, organisé, on peut planifier et éviter de se faire surprendre par tel ou tel dossier, ou telle ou telle permanence, parce que parfois, on a beaucoup de choses à gérer dans des matières différentes.
💡 Lire aussi : Répéter ses erreurs : un frein à votre progression
Personnellement, je fais principalement du droit du travail, mais je suis aussi inscrit sur les listes de permanence pénale de garde à vue.
Cela signifie que j'ai des dates de garde à vue qui reviennent à des jours différents et, cela va de soi, mais je dois penser à bien noter les dates de permanence pour éviter de me faire appeler un jour où j’ai prévu des rendez-vous au cabinet.
Si j’oublie une permanence et qu’il faut partir à l'autre bout du département pour gérer une garde à vue, malheureusement, je devrais annuler mon ou mes rendez-vous et cela n’est pas très professionnel. »
💡 Lire aussi : 3 erreurs qui coûtent cher en tant que jeune avocat
3. La persévérance : tenir malgré la solitude du métier
« Pour casser le côté binaire du juriste, je vais proposer une troisième qualité : la persévérance.
Au début de l’exercice de la profession, cela peut paraître compliqué, voire décourageant. On peut avoir des moments durant lesquels on enchaîne les mauvaises nouvelles, les mauvaises décisions, les difficultés liées avec d'autres confrères, etc.
Parce que le métier d'avocat est un métier où on est parfois assez seul et en parallèle, on est souvent en confrontation avec d’autres confrères, avec les magistrats, parfois avec les clients.
D’ailleurs, on dit souvent que le pire ennemi d'un avocat, c'est son client !
En résumé, il peut y avoir tout un tas d'éléments extérieurs qui peuvent être décourageants. C'est pour cela que parfois, il faut aussi persévérer, parce que tout n'est pas compliqué tous les jours.
En revanche, ces jours-là, il faut, à mon humble avis, réussir à passer outre et faire en sorte de continuer d'aller de l'avant. »
💡 Lire aussi : Comment communiquer efficacement avec ses collaborateurs en cabinet d’avocats ?