Répéter ses erreurs : un frein à votre progression
Par Augustin Simonin — 2025-12-12
Faire une erreur, c'est humain et normal quand on débute. Mais ne pas en tirer de leçon, c'est une perte de chance d'être meilleur.
Ce qui est frustrant pour un manager, c'est d'investir de son précieux temps pour former et expliquer, et de voir la même erreur revenir une deuxième, une troisième, voire une quatrième fois ! Pour lui, cela peut être vu comme un manque de professionnalisme ou simplement de considération et d'implication. Il ne faut jamais oublier qu'une relation de travail est une relation bilatérale et que son boss aussi, est un être humain avec des émotions.
En résumé :
Répéter les mêmes erreurs empêche toute progression, car l’apprentissage repose précisément sur la capacité à transformer une erreur en information utile : tant que l’on ne l’identifie pas, ne la comprend pas et ne la corrige pas, on reproduit les mêmes schémas et on stagne. En psychologie de l’apprentissage, la répétition non corrigée consolide des automatismes inefficaces, alors que la prise de conscience suivie d’un ajustement crée de nouvelles connexions mentales plus performantes. Veiller à ne pas refaire les mêmes erreurs, ce n’est donc pas viser la perfection, mais accepter l’erreur comme un signal : elle indique ce qui doit être retravaillé, clarifié ou structuré différemment, et c’est précisément ce processus de correction consciente qui permet de grandir durablement et de s’améliorer avec méthode.
1) C'est quoi « apprendre de ses erreurs » ?
Faire une erreur, c'est humain et normal quand on débute.
Mais ne pas en tirer de leçon, c'est une perte de chance d'être meilleur (on est là pour ça, non ?). Surtout quand on veut trouver sa place dans l'entreprise.
Le saviez-vous ?
Chez les américains, une enquête de Major, Lindsey & Africa révèle que 45 % des jeunes associés en droit jugent que leur formation à l'école de droit ne les a pas préparés aux défis professionnels, notamment en termes de compétences pratiques (analyse d'erreurs, gestion post-échec…).
On parie qu'on aurait peu ou prou les mêmes stats dans notre chère France.
Apprendre de ses erreurs, c'est être capable de reconnaître que l'on s'est trompé, d'analyser pourquoi, puis de faire en sorte que ça ne se reproduise pas.
Et dans les métiers du droit, où chaque virgule peut avoir un impact, c'est un atout de choc ! (et quelque chose de fondamental...).
2) Pourquoi c'est une erreur… de ne pas aimer ses erreurs ?
Ne pas tirer de conséquences de ses erreurs semble tentant, mais cela équivaut en réalité à se tirer une balle dans le pied…
Cela risque de bloquer votre progression… et peut en prime agacer votre n+1.
D’autant qu'en entreprise, vous allez forcément vous planter (spoiler : ça arrive à tout le monde) :
mauvaise formilation
oubli d'un détail ou d'une pièce
interprétation bancale
mauvaise jurisprudence
loi plus en vigueur
L'erreur en elle-même n'est donc pas grave en soi ; mais ce qui compte, c'est votre réaction après coup…
Et là, vous avez 4 options :
Tenir compte de l'erreur : « oups, j'ai fait une bourde ! Pourquoi est-ce que ça s'est produit ? »
Ignorer l'erreur : « Bof au pire ça passe »
L'enterrer sous le tapis : « une erreur, quelle erreur ? »
Accuser le contexte : « je n'avais pas le bon modèle »
Ce que recherchent les recruteurs et les managers, ce ne sont pas des juristes parfaits, mais des juristes fiables, qui apprennent vite, et qui tirent profit de leurs expériences (même les ratées).
Pensez à votre manager : Il a pris du temps pour vous expliquer pourquoi telle formulation ne convenait pas. Il vous a même donné un exemple. Mais deux jours plus tard, vous refaites la même boulette. Pour lui, c’est comme relire le même épisode en boucle : frustrant. Il ne veut pas un disque rayé. Il veut un juriste qui apprend vite. Et puis il aurait tellement préféré faire autre chose (comme facturer un client ou lire un article du Monde). |
À l'inverse, les juristes arrogants qui se reposent sur leurs lauriers parce qu'ils ont fait un LLM à Harvard, eh bien, c'est un no-go pour la plupart des cabinets.
En bref, le laurier, c'est bien dans le civet de mamie, mais ce n'est pas top en oreiller…
3) Comment retirer le meilleur de vos erreurs en pratique ?
1. Gardez une trace de ce que vous devez améliorer :
Il est nécessaire de garder une trace écrite de vos erreurs.
Pas pour vous culpabiliser, mais pour vous en rappeler pour la prochaine fois !
→ Transformez chaque fail en chose à ne plus reproduire et faites-en une checklist structurée : un oubli dans un contrat ? Faites-vous une liste pour la prochaine fois (clauses, vérification du droit en vigueur…)
2. Demandez un retour clair :
Demander un retour clair et efficace à votre boss, c'est LA chose à faire pour faire mieux et lui montrer que vous n'êtes pas là pour enfiler des perles.
« Vous pouvez m'expliquer ce qui posait problème exactement ? » → si vous ne comprenez pas l'erreur, vous ne pourrez pas la corriger. Et en prime, ça montre que vous intégrez ce que l'on exige de vous !
3. Partagez ce que vous avez compris :
Partager ce que vous avez compris permet d'envoyer un message clair → vous prenez conscience de votre erreur et vous intégrez ce que l'on attend de vous !
« OK, je vois ce que j'aurais dû faire, je corrige comme ça » = manager rassuré = crise de nerfs évitée = dodo tranquille
Article écrit en collaboration avec Justine Georges