« Chez Decathlon, être bon juriste n'est pas suffisant »
Par La Rédaction — 2026-06-17
[À LA BARRE] Interview de Johanna Vigier, Directrice juridique et relations sociales chez Decathlon. Ce qu'elle cherche vraiment chez un juriste, les red flags, la culture sport, le quotidien.
Johanna Vigier, Directrice juridique et relations sociales chez Decathlon, répond sans filtre : ce qu’elle cherche vraiment chez un juriste, les red flags, la culture sport, la rémunération, et l’impact réel de l’IA sur le métier.
Interview réalisée le 28 mai 2026 • Villeneuve-d’Ascq • Par Augustin Mercier
En 1 minute chrono
Plusieurs conditions non négociables : être opérationnel en droit du travail, être à l'aise face à l'imprévu en réunion de CSE (+ aisance relationnelle), porter un intérêt réel pour le sport et ses valeurs, être ok avec les déplacements en France. Venir de cabinet est possible, mais aucun profil cabinet n'a encore été recruté à ce jour. La compétence technique est indispensable.
Vous avez commencé votre carrière chez Decathlon, vous êtes partie 16 ans, et vous êtes revenue. Qu’est-ce qui s’est passé ?
Johanna Vigier : J’ai débuté très rapidement en cabinet, puis j’ai voulu aller en entreprise. Ma première expérience, c’était Decathlon, en tant que juriste en droit du travail pendant 6 ans. Je suis partie volontairement parce que j’avais envie de voir d’autres façons d’exercer le droit social, dans d’autres secteurs. J’ai eu la chance d’aller dans trois entreprises différentes, dans le secteur bancaire et la distribution.
Et puis, 16 ans après mon départ, la personne qui m’avait recruté en 2000 m’a appelée pour me proposer de prendre la relève sur les relations sociales en raison de son départ à la retraite. Il avait suivi mon parcours à distance, nous avions gardé contact. Je suis hyper heureuse de ce retour, qui n’était pas forcément prévu.
Ce que ça dit de Decathlon ? Les relations qu’on construit là-bas, elles durent. Ce n’est pas une entreprise où on passe et on disparaît.
L'ADN de la direction juridique en trois mots
Si vous deviez décrire votre direction juridique en 3 mots à quelqu’un qui n’y a jamais mis les pieds ?
Johanna Vigier : Sens du service, compétence, anticipation. Et si je devais ajouter un trait de caractère plus qu’un mot : on est simples, accessibles, et très orientés terrain.
On ne sort pas de grandes phrases juridiques. On est là pour aider, pas pour freiner ou dire non à tout.
Tout savoir sur la direction juridique Relations sociales
Direction juridique Relations sociales - Decathlon -Villeneuve-d’Ascq | |
Spécialité | Droit social exclusivement |
Taille équipe | 14 juristes |
Profil type | Juriste avec expérience en droit du travail, aisance relationnelle forte, à l’aise dans l’imprévu |
Ce qui ne marchera pas | Juriste sans expérience en droit du travail, sans intérêt pour le sport, qui ne supporte pas les déplacements, venu chercher un poste de bureau tranquille |
Rituels d’équipe | Sessions de sport le midi, réunions d’équipe avec une activité sportive plusieurs fois par an |
Valeurs communes | Esprit d’équipe, sens du service, accessibilité, humour, goût pour le terrain |
Déplacements | Réguliers en région pour les CSE. Plutôt perçus comme un avantage par l’équipe en place |
Ambiance | On essaie de rire tous les jours. Volontairement : le métier règle des conflits, le contrepoids est indispensable |
Télétravail | 2 jours maximum par semaine |
Rémunération | Transparente à l’embauche. Progression plus lente que ce que les étudiants imaginent, non linéaire |
Trajectoires | Expert droit social, manager juridique, responsable relations sociales, passage en magasin vers les RH |
Recrutement cabinet | Possible mais vigilance accrue sur l’esprit d’équipe et la pratique terrain |
Recrutement : les profils qui matchent
Quelle est la situation concrète où vous vous dites : oui, lui, c’est un juriste Decathlon ?
Johanna Vigier : Mes juristes assistent aux CSE tous les mois. Ils préparent l’ordre du jour, ils assistent à la réunion, ils gèrent le PV. Et pendant la réunion, même quand tout a été préparé, il y a de l’imprévu.
La vraie question, c’est comment la personne réagit à cet imprévu.
Le juriste Decathlon, c’est quelqu’un qui va :
garder son calme,
garder sa position,
et arriver à se faire comprendre en même temps par le directeur régional, par le délégué syndical, par le directeur de magasin et par le vendeur.
Des interlocuteurs qui n’ont pas du tout le même rapport à la situation, et qui sont parfois sous tension.
Ce que je retiens : ils arrivent à incarner la matière, à trouver des solutions, sans entamer leur capital sympathie. Ils sont appréciés. On les appelle. Ils ne sont pas perçus comme un frein.
Est-ce qu’il faut être extraverti pour ce poste ?
Johanna Vigier : Pas forcément. J’ai des introvertis et des extravertis dans l’équipe. Ce qui est non-négociable en revanche, c’est l’aisance relationnelle. Ce n’est pas un métier de bureau où on dicte des normes.
Le sens du métier vient du fait de se sentir utile, d’apporter une solution. Quelqu’un qui serait juste là pour rappeler la règle, ça ne tient pas longtemps.
Postulez chez Decathlon si... / Ce n'est pas pour vous si..
Postulez chez Decathlon si... | Ce n’est pas pour vous si... |
|---|---|
✅ Vous avez une expérience solide en droit du travail | ❌ Vous n’avez jamais fait de droit social |
✅ Vous êtes à l’aise dans l’imprévu et les situations de tension | ❌ Vous avez besoin d’un cadre stable et prévisible |
✅ Vous aimez le terrain et le contact avec des interlocuteurs variés | ❌ Vous cherchez un poste de bureau sans déplacements |
✅ Vous portez un intérêt réel pour le sport, sans forcément pratiquer | ❌ Le sport et ses valeurs ne vous parlent pas du tout |
✅ Vous fonctionnez en collectif, sans compétition interne | ❌ Vous êtes habitué à la performance individuelle avant tout |
✅ Vous savez simplifier et rendre accessible un discours juridique | ❌ Vous aimez le vocabulaire technique et complexe du langage juridique |
✅ Vous ne craignez pas le désaccord, mais vous ne le confondez pas avec le conflit | ❌ Vous fuyez toute forme de tension ou de confrontation d’idées |
Ce qu'elle cherche au-delà du CV
Être bon juriste, ça suffit pour être recruté chez vous ?
Johanna Vigier : Non. C’est indispensable, bien sûr, mais pas suffisant. Ce qu’il faut en plus, c’est difficile à décrire parce que ça se voit dans l’échange, dans le parcours, dans les choix que la personne a faits.
On regarde aussi les activités en dehors : quelqu’un qui pratique du sport, qui est ouvert aux autres, ça nous parle.
Et moi je dis souvent que chez nous, c’est très important de recruter des gens avec qui on a vraiment plaisir à se retrouver tous les jours. Des gens avec qui on a envie d’aller déjeuner. Ca peut paraître évident, mais c’est tellement vrai.
Dans mon équipe aujourd’hui, il n’y a pas une personne avec qui je n’ai pas envie d’aller manger le midi.
C’est un filtre, et il n’est pas que sur la compétence.
3 red flags en entretien chez les candidats qui ferment la porte
Johanna Vigier : Citez-moi 3 red flags que vous détectez en entretien
Il y en a trois qui reviennent.
🚩 Le premier : ne pas avoir fait de droit du travail. On reçoit beaucoup de CV de juristes très compétents qui ont une autre spécialisation. C’est dommage, mais on n’a pas le temps de former quelqu’un depuis zéro sur la matière. On a besoin de profils opérationnels rapidement.
🚩 Le deuxième : venir de cabinet en droit du travail. Ce n’est pas un red flag absolu, mais on va être beaucoup plus vigilant. Il y a des pans entiers de l’activité que le cabinet n’a pas abordés : les relations avec les organisations syndicales, le CSE, être face aux élus et pas conseiller à distance. Tant qu’on ne l’a pas fait, on ne sait pas ce qu’on va donner sur le terrain.
🚩 Le troisième : ne pas s’intéresser au sport. Ce n’est pas une obligation de pratiquer. Mais avoir absolument aucun intérêt, aucune ouverture, aucun attachement aux valeurs que le sport porte, c’est rédhibitoire. Chez Decathlon, le sport est un élément fédérateur réel, pas un argument de marque employeur. L’esprit d’équipe, la persévérance, la capacité à perdre et à recommencer : ça se retrouve dans la façon de travailler et de se relationner.
Le sport : vraie culture ou argument RH ?
Le sport chez Decathlon : culture ou argument de marque employeur ?
Johanna Vigier : C’est une vraie culture, pas un argument. On est convaincu que quelqu’un de passionné de sport, même s’il pratique peu, porte des valeurs communes qui se retrouvent ensuite dans la façon de travailler et de se comporter en équipe.
Dans les faits : le midi, on court ensemble, on fait du sport ensemble. Et plusieurs fois par an, les réunions d’équipe se terminent par une activité sportive. C’est systématique. Ce n’est pas obligatoire, mais c’est présent.
Moi je cours. Et je suis loin d’avoir le meilleur niveau de l’équipe !
Ce qui fait partir un juriste chez Decathlon
Quand un juriste décroche ou part, avec le recul, quel est le signal que vous auriez dû voir avant ?
Johanna Vigier : Un projet d’évolution pas entendu ou pas assez vite. Quelqu’un qui a envie de prendre une spécialisation ou de changer de périmètre, et qu’on n’a pas été assez réactif à accompagner. Ca, ça arrive et c’est à notre main.
Il y a aussi la charge de travail et les déplacements. On réaffecte régulièrement les régions géographiques pour que le rythme corresponde aux contraintes personnelles. Ce n’est pas figé. Mais il faut l’entendre avant que ça fatigue quelqu’un.
Le quotidien d'un juriste Relations sociales chez Decathlon
Johanna Vigier : On est très transparent là-dessus au recrutement. Nos juristes se déplacent régulièrement dans les régions pour assister aux CSE. C’est une réalité du poste.
Mais dans l’équipe, c’est plutôt perçu comme un plus. J’ai des profils qui sont contents de ne pas être enfermés dans un bureau, qui aiment traverser la France, aller à Montpellier, à Marseille, à Nantes, se retrouver avec des équipes différentes. Par contre, ça peut par période devenir usant, et on essaie d’ajuster : savoir annuler une réunion qui n’est pas nécessaire, adapter les zones. On s’ajuste en permanence.
Côté rémunération, vous êtes transparents ?
Johanna Vigier : A l’embauche, oui. On aborde le sujet assez rapidement.
Sur le reste : je ne diffuse pas les salaires de tout le monde. Ce que j’observe, c’est que la génération la plus jeune parle beaucoup plus d’argent entre collègues, partage les chiffres. C’est peut-être générationnel ou culturel.
Ce que je dirais aux jeunes en revanche : la progression salariale grimpe plus doucement que ce qu’on imagine à la fac. Y compris en cabinet. L’envol à bac+5, c’est une idée reçue pour beaucoup.
Et la trajectoire n’est pas linéaire. Elle dépend des managers, des périodes, des opportunités internes. Ce n’est pas une promesse automatique.
Les avantages salariés
Petite question que toute la planète se pose : est-ce qu’il y a des avantages sur les produits Decathlon pour les juristes de l’équipe ?
Johanna Vigier : Oui. On a une carte ambassadeur. A partir de 3 mois d’ancienneté, 25 % de réduction sur les produits des marques Decathlon. Voilà, c’est dit.
Quelques autres avantages du quotidien :
Les sessions de sport le midi (vestiaires sur site, running avec collègues)
Le télétravail (2 jours max par semaine)
Les réunions d'équipe avec activité sportive plusieurs fois par an
Un budget de formation
Qu’est-ce que Decathlon pourrait mieux faire pour ses juristes ?
Johanna Vigier : Ce qu’on doit toujours un peu plus travailler, c’est le projet d’équipe. Donner du sens en permanence à un métier qui peut durer toute une carrière, c’est un travail continu. Ce n’est pas acquis une fois pour toutes.
Il y a aussi la question du développement durable. On est dans la grande distribution, on vend des produits, c’est le modèle économique. Et parfois des juristes qui rejoignent l’équipe sont challengés là-dessus. Il faut qu’on soit capable de répondre honnêtement à ces questions, pas de les esquiver.
IA et droit social : pourquoi ce métier résiste mieux
Vous avez dit que le droit social vous prémunit de l’IA. Pourquoi ?
Johanna Vigier : L’IA va réduire, c’est certain, la partie rédactionnelle et réglementaire. Ce que faisait un juriste junior. Ça, c’est une réalité.
Mais le droit social, c’est d’abord du relationnel et de l’humain. C’est ce qui a fait qu’on a choisi ce métier. Et c’est pour ça que j’oriente de plus en plus l’équipe vers les missions où on a une vraie plus-value humaine.
Ce que j’observe par contre avec les plus jeunes : on vérifie moins les sources. Et avec l’IA, c’est encore plus dangereux. L’IA fait des erreurs, elle génère des conclusions fausses. Les bons juristes de mon équipe, ce sont ceux qui vont toujours creuser là où ça paraît évident, aller chercher plus loin, encore plus loin. Celui qui se dit « ça doit être ça » et qui s’arrête là, il se plantera.
Les trajectoires possibles sur 10 ans
Quelle trajectoire pour un juriste chez Decathlon sur 10 ans ?
Johanna Vigier : Il n’y en a pas qu’une. J’ai des juristes qui sont là depuis plus de 20 ans et qui s’y retrouvent complètement. On ne leur pose pas la question de savoir pourquoi ils n’ont pas évolué, comme on ne la pose pas à un avocat qui fait du droit depuis 20 ans.
J’en ai nommé deux managers de juristes, parce qu’ils avaient envie de ça. Certains juristes envisagent d’être RH demain, et le contrat chez nous, c’est qu’ils doivent passer d’abord par le magasin. Et il y en a qui feront comme je l’ai fait : ils aimeront ce métier dans cette maison, puis voudront le vivre ailleurs.
Cette question, « Pourquoi tu es avocat depuis 20 ans ? », on la pose rarement aux avocats. Personne ne trouve ça bizarre. Le droit social en entreprise, c’est pareil. C’est une matière qui bouge tout le temps, qui nourrit intellectuellement, qui est au carrefour du relationnel, de la stratégie et de la négociation.
On peut y passer toute une carrière et ne jamais s’ennuyer.
Ambiance dans la DJ Relations sociales - Decathlon
Ce qui vous rend fière, même si ce n’est pas vendeur à première vue ?
Johanna Vigier : Mon équipe. Aucun loupé de recrutement depuis que je suis là, et ça, ce n’est pas évident. Ils s’entendent tous très bien. Ils me demandent parfois « comment tu as su qu’on allait s’entendre ? » Honnêtement, je sais pas. Ca se fait.
Et l’autre chose, moins vendeur encore : je suis fière de ce métier. Juriste en droit du travail, ce n’est pas le métier dont les gens se disent « ah génial ». Alors qu’en fait, c’est passionnant. Toutes les négociations qu’on mène, tous les moments conflictuels qu’on arrive à dénouer, on en est vraiment fiers en interne, même si ça ne fait pas rêver de l’extérieur.
Est-ce que les directions juridiques regardent la réputation des cabinets d'avocats avant de les mandater ?
Johanna Vigier : Pour les contentieux sur tout le territoire, c’est difficile de filtrer systématiquement : on travaille avec des cabinets d'avocats locaux selon les dossiers.
Pour nos cabinets principaux en conseil, c’est différent. Ce sont des partenaires de longue date, avec qui on partage des valeurs, et pour lesquels on peut vérifier ces données. Mais je n’ai pas de grille de contrôle éthique formalisée, je dois être honnête.
Ce que j’observe par contre : les avocats qui viennent en entretien chez nous me disent eux-mêmes que les entreprises ont bougé beaucoup plus vite que les cabinets d'avocats sur le management, le projet d’entreprise, la simplicité des rapports. Ils le voient quand ils interviennent chez leurs clients entreprises. Et ils le vivent parfois comme un écart difficile à supporter au quotidien dans leur cabinet.
Ca bouge. Certains cabinets se remettent en question réellement. Mais ils ont des contraintes que nous n’avons pas : chez nous, un juriste qui était alternant il y a deux ans peut aujourd’hui gérer deux régions, aller seul au CSE, signer des courriers. On peut pousser vers la responsabilité beaucoup plus tôt.
Lire aussi : Réputation des cabinets d'avocats, le guide
Le regard de la Directrice Juridique Relations Sociales Décathlon sur le BarreauMètre
Qu’est-ce que vous pensez de l’initiative BarreauMètre ?
Johanna Vigier : Je suis très positive. Ca va dans le sens d’une transparence qui est évidente et nécessaire.
Il ne faut pas que ça devienne clivant. La transparence ne doit pas amener à opposer. Je ne veux pas opposer entreprises et cabinets, je ne veux pas opposer les générations. Je n’aime pas classer les gens par catégories.
Moi j’ai autant besoin de transparence à 52 ans que quelqu’un qui en a 25. Ce sont des personnalités, pas des générations.
Lire aussi : Un classement sans basher : la vision derrière le BarreauMètre
Questions fréquentes sur la direction juridique Relations sociales Decathlon
Quel profil recrute la direction juridique Relations sociales Decathlon ?
Decathlon recrute exclusivement des juristes spécialisés en droit du travail, avec une forte aisance relationnelle et un intérêt réel pour le sport. Être bon juriste est nécessaire mais pas suffisant : la personnalité, le sens du service et l’esprit d’équipe sont déterminants.
Quels sont les red flags en entretien pour rejoindre la DJ de Decathlon ?
Trois red flags : ne pas avoir d’expérience en droit du travail, venir de cabinet sans avoir pratiqué les relations sociales terrain (CSE, syndicats), et n’avoir aucun intérêt pour le sport ni ses valeurs.
Peut-on rejoindre la direction juridique de Decathlon en venant d’un cabinet d’avocats ?
C’est possible mais compliqué. Johanna Vigier n’a à ce jour recruté aucun profil venant de cabinet. La principale difficulté : l’absence de pratique terrain des relations sociales. Un avocat devra s’attendre à une vigilance accrue sur ces points en entretien.
Quelle est la rémunération chez Decathlon pour un juriste ?
La rémunération est discutée de façon transparente à l’embauche. La progression salariale grimpe plus lentement que ce que les étudiants imaginent à la fac. La trajectoire n’est pas linéaire et dépend des managers, des périodes et des opportunités internes.
Y a-t-il du télétravail à la direction juridique de Decathlon ?
Oui, jusqu’à 2 jours de télétravail par semaine. Les juristes se déplacent régulièrement en région pour les CSE, ce que l’équipe en place perçoit comme un avantage plutôt que comme une contrainte.
L’IA va-t-elle remplacer les juristes en droit social ?
Selon Johanna Vigier : non, mais le métier va se transformer. La partie rédactionnelle et réglementaire sera réduite par l’IA. Le droit social résiste mieux grâce à sa dimension relationnelle et humaine. Le vrai danger : la perte du réflexe de vérification des sources.
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Johanna Vigier est Directrice juridique et relations sociales chez Decathlon, basée à Villeneuve-d’Ascq. Elle encadre une équipe de 14 juristes spécialisés en droit social.
Cet article fait partie de la série A la barre, grâce à laquelle des décideurs du monde juridique parlent sans filtre de leur direction, de ce qu’ils cherchent, et de ce qui ne passe pas.