« Chez IMATECH, j'ai été recrutée en 3 jours »
Par Cassandre Thevin - 2026-09-17
[BRUITS DE COULOIR] Illona Paliscot, juriste généraliste conseillère clients chez IMATECH, partage son expérience sur l'entreprise sans langue de bois : ambiance, management, salaire, recrutement.
Après une licence de droit à l'Institut Catholique de Rennes, puis un Master 1 Droit privé général à Aix-Marseille Université et un Master 2 Droit privé parcours droit pénal, Illona Paliscot est devenue juriste généraliste conseillère clients chez IMATECH. Découvrez son expérience et la réalité du métier de juriste dans ce domaine !
Pourquoi avoir choisi IMATECH plutôt qu'un cabinet d'avocats ?
llona Paliscot : J’ai postulé pour le côté polyvalent du poste et pour l’ouverture d’esprit quant au poste de juriste.
Quand j'ai postulé pour rentrer chez IMATECH, j'étais à la recherche d'un poste de juriste et j'ai vu sur l'offre que je pouvais accompagner des sociétaires sur leurs droits (droit de la famille, droit du travail, beaucoup de droit de la consommation et un peu de droit public).
J’ai trouvé ça très intéressant, car dans beaucoup de cabinets, quand on veut être juriste, on ne peut se spécialiser que dans un domaine particulier ;
alors que chez IMATECH, à chaque fois qu’on prend un appel, on ne sait pas sur quel domaine on va tomber !
Le second moteur relevait de la formation continue. À titre personnel, j'ai étudié deux spécialités, mais je suis très curieuse et toujours ouverte à développer ma culture juridique et mon intérêt pour d'autres matières.
Le droit évolue tous les jours, des lois sont votées chaque année et le poste avait l'air de permettre de continuer à se former tout le temps et j'ai trouvé ça chouette.
Juriste chez IMATECH : quel est votre rôle aujourd'hui ?
Illona Paliscot : Aujourd'hui, un juriste généraliste conseiller fait de l'information juridique par téléphone à des sociétaires en assurances.
J’informe juridiquement les sociétaires - qui sont issus de différentes compagnies d’assurances - sur leurs droits, leurs démarches, leurs recours (lorsqu'ils ont un litige avec un tiers, une administration ou une juridiction). J’interviens principalement à l’égard de particuliers.
Information juridique ou conseil juridique : quelle différence ?
Illona Paliscot : Nous, on a vraiment un rôle d'information juridique, tandis que les avocats conseillent. C’est essentiel de bien faire la différence entre le conseil de l'avocat et l'information du juriste parce que si on se permettait de conseiller les sociétaires sur les démarches à suivre, on exercerait de manière illégale la profession d’avocat.
Par exemple, quand on me demande : que dois-je faire concrètement ? Est-ce que vous pouvez calculer mes indemnités pour la fin de mon contrat en cas de licenciement ?
Ce sont des questions auxquelles je ne peux pas répondre, car cela irait vraiment au-delà de mes fonctions
Information juridique (juriste IMATECH) | Conseil juridique (avocat) | |
|---|---|---|
Objet | Exposer le droit applicable | Recommander une stratégie |
Question type posée | Quel est le droit applicable à ma situation ? | Que dois-je faire concrètement ? |
Étude de documents | Non | Oui |
Représentation en justice | Non | Oui |
Illona Paliscot : En revanche, voici un cas sur lequel je peux aider un sociétaire :
Une personne nous appelle et nous dit : « J'ai un trouble du voisinage. Mon voisin a un arbre qui est planté très près de ma clôture et qui menace de s'effondrer sur mon terrain. Ça risque d'abîmer ma maison et ça pourrait me porter atteinte si l'arbre tombe sur moi ou sur un membre de ma famille. Qu'est-ce que je peux faire pour l'obliger à enlever son arbre ? Quel est le droit applicable ? Comment ça se passe ? »
Là, nous avons plusieurs questions sur la mise en danger de la vie d'autrui et la potentielle possibilité de dégradation (la maison). De mon côté, je vais poser plusieurs questions :
Est-ce que cet arbre est trentenaire ? S'il est vieux, je ne lirai pas le même droit au sociétaire ;
À combien de distance est-il planté par rapport à la clôture ? Etc.
Selon les réponses, je l'informerai sur le droit existant, mais je ne pourrais pas le conseiller sur une quelconque action. Il aura besoin de conseils plus approfondis, qui seront délivrés par un avocat. C'est un cas intéressant, car plusieurs droits interviennent.
💡 Bon à savoir : à la Maison de la Justice et du Droit, les sociétaires peuvent avoir une première consultation gratuite afin d'échanger avec un avocat pour éventuellement en prendre un de manière plus pérenne.
À quoi ressemble une journée type de juriste chez IMATECH ?
Illona Paliscot : Ici, une journée type de juriste généraliste conseiller clients alterne entre appels entrants des sociétaires, échanges entre collègues et pauses collectives.
Par exemple, cette semaine je fais 9 h / 17 h 15, donc j'arrive un peu avant 9 h pour me connecter. Bien souvent, je vais déposer mon plat au frigo : l'espace de coworking à Lille est très bien fait !. Ça arrive que certains de nos collègues amènent le petit-déjeuner selon les envies, les anniversaires aussi.
Matinée : une fois connectée, je prends mon premier appel de la journée et ce qui est sympa, c’est qu’entre chaque appel, je peux échanger avec mes collègues. Je leur demande leur avis, car on vient tous de masters très différents, donc nos profils et nos approches se complètent bien ;
Vers 11 h : on fait une pause (on a une chouette terrasse, donc c’est sympa) ;
Vers 12 h 30 / 12 h 45 : on déjeune régulièrement tous ensemble, parfois au restaurant. Il y a une très bonne ambiance, on a tous plus ou moins le même âge, donc c’est chouette pour la cohésion d’équipe ! ;
Début d’après-midi : reprise des appels. Parfois, on reprend avec une formation (1/semaine) pour une nouvelle assurance puis on enchaîne avec les appels liés à cette assurance ;
Vers 16 h : on fait une seconde pause ;
Fin de journée : on fait beaucoup d’afterworks (des blind tests par exemple) et en général, on prévoit ces événements le midi pour le soir. Par exemple, quand il y a eu les matchs, nous sommes allés en voir plusieurs ensemble.
On ne voit pas trop passer les journées et il y a une bonne ambiance (comme je ne viens pas de Lille, c’était important pour moi de pouvoir me lier avec mes collègues, faire des nouvelles rencontres et être contente d’aller au travail).
Recrutement chez IMATECH : combien d'étapes ?
Illona Paliscot : Le processus de recrutement se déroule en 3 étapes et il est vraiment rapide, puisque j'ai été recrutée en 2/3 jours !
Comment se déroule le processus de recrutement chez IMATECH ?
Étape 1 : la candidature et la simulation téléphonique
Illona Paliscot : J’ai postulé via Indeed sur le site carrière du Groupe Ima. J’ai été rappelée le lendemain ou le surlendemain et on a fait une première simulation d’appel au téléphone. J'ai trouvé ça un petit peu stressant, j'avoue, parce que je ne m’y attendais pas.
Ce n’est pas la meilleure simulation que j’ai pu faire, mais elle m’a laissé ma chance et m’a recontactée pour un entretien !
Étape 2 : les doubles écoutes sur site
Illona Paliscot : Je suis bretonne et j’avais deux entretiens à Lille, quasiment au même moment (c’était sûrement le destin !). Je me suis rendue sur site (en open space) et l’entretien s’est divisé en plusieurs parties.
La première partie, c'était des doubles écoutes avec des juristes déjà en poste (pour s'imprégner, c'est top). La juriste avec qui j'étais m’a expliqué comment fonctionnent les applications, comment ça se passe avec les sociétaires, comment formuler les questions, etc. Je suis restée une bonne heure avec elle.
Étape 3 : le cas pratique et l'entretien de motivation
Illona Paliscot : Après, on avait un cas pratique : c'était une simulation d'appel. Le manager en question se mettait dans une autre pièce et puis on passait l'appel comme s’il s’agissait d’un sociétaire.
Sous réserve de la validation de ce cas pratique et de comment ça se passe, on passe à l'entretien de motivation qui a duré une bonne heure aussi et les questions étaient très pertinentes.
C’était très rapide ! J'ai passé mon entretien le vendredi matin et le vendredi en fin d'après-midi, j'avais ma réponse. Alors, est-ce que c'était parce que je venais ? Je ne sais pas. Mais pour tous, ça a été comme ça.
En résumé : j'ai dû postuler le 20 et le 22 j'avais le poste. En 2/3 jours, c'était fait !
Est-ce que certaines questions vous ont marquée durant l'entretien ?
Illona Paliscot : Oui ! Une question m’a marquée, c’était « Quel type de manager souhaitez-vous ? ».
J'ai trouvé ça bien parce que j'ai fait plusieurs stages dans des cabinets d'avocats et les personnes qui étaient mes références (tuteurs) n’étaient pas toujours bienveillantes et toujours sympas.
J’ai répondu que je voulais un manager en qui je peux avoir confiance, qui me fait confiance, et qui communique. Par exemple, quand ça ne va pas, qu’il me le dise et quand ça va, qu’il me le dise également.
J’ai bien aimé aussi cette question : « Quelles sont les difficultés que vous avez éprouvées durant vos stages précédents et que vous ne voudriez pas éprouver ici ? »
Comment s'est passé l'onboarding ?
Illona Paliscot : Bien !
Le premier jour, on est allés manger avec la formatrice et la manager tous ensemble à l'extérieur. Le déjeuner était offert par l'entreprise, c’était cool.
Ensuite, j’ai été formée durant 2 semaines : formation la journée et doubles écoutes avec des juristes déjà en poste en fin de journée.
Comment les juristes sont-ils évalués chez IMATECH ?
Illona Paliscot : Nous sommes régulièrement évalués et très suivis, sur différents points.
Les doubles écoutes
Pour commencer, on fait de nombreuses doubles écoutes. Les managers se mettent soit à côté de nous, soit à distance (lorsqu’ils sont à Nantes, puisque le siège de l’entreprise est là-bas).
Ils connectent les casques, ils nous écoutent et après ils nous font un retour. Selon les appels passés, ça peut être plus ou moins bon.
La qualimétrie, grille d’évaluation des appels
30 % de nos appels sont enregistrés. Tous les mois - peut-être un peu plus au début -, on est évalués sur un de ces appels, choisi au hasard. Les managers prennent un temps d'appel, environ 2 minutes, ce n’est pas toujours très représentatif. Mais le rythme mensuel permet d’avoir une bonne appréciation de ce qui fonctionne et de ce qui fonctionne moins.
Les critères évalués sont les suivants :
la présentation ;
la vérification ;
la sécurisation de l'appel ;
l'écoute active ;
le questionnement ;
la directivité : par exemple, si on laisse la personne parler pendant 10 minutes et qu'on n’intervient pas, on n'est pas directif ;
Comment pose-t-on la question juridique ? Qu'est-ce que le client souhaite ? De la part de qui ? Qu'est-ce qu'il souhaite obtenir ? ;
la mise en attente : comment peut-on dire au client de patienter un instant ? ;
la réponse est-elle fondée juridiquement ? Est-ce qu’on a répondu avec le bon droit ? Est-ce qu'on a bien interprété ce que le client nous a dit ? ;
la prise de congé : comment met-on fin à l'appel ? ;
Le résultat s'exprime en pourcentage : si celui-ci est bon, cela témoigne d’une progression dans l’acquisition des compétences évaluées.
Le suivi par un expert
Illona Paliscot : Enfin, en plus des doubles écoutes et des appels enregistrés puis évalués, chacun d'entre nous est suivi par un expert.
Aujourd'hui, je ne suis plus suivie, car j'ai validé ma période d'essai, mais toutes les deux à trois semaines, on doit écouter plusieurs de nos appels et on reçoit un retour. J'avoue que s'auto écouter n'est pas très fun, mais ça fait partie du processus pour monter en compétences !
Donc, certes, nous sommes autonomes, mais nous ne sommes pas laissés à l’aventure dès que la période d’essai est validée !
Comment valider sa période d'essai ?
Illona Paliscot : Pour valider la période d’essai, il y a 3 éléments :
La quantité (25 appels/jour) et la qualité de nos appels ;
La DMT (donc le temps moyen d'appel entre 12 et 13 minutes) ;
Un comportement exemplaire et un bon esprit d'équipe.
Elle dure 3 mois et elle est renouvelable 3 mois. À titre personnel, j’ai été renouvelée une première fois pour 3 semaines, car j’avais un temps moyen d’appel un peu haut : un peu plus de 14 minutes. Mais, je l’ai descendue et au bout de 3 semaines, ils m’ont dit que ça ne servait à rien de prolonger plus longtemps.
Est-ce qu'il y a beaucoup de feedbacks ?
Illona Paliscot : Oui ! Quand les appels sont bons, ils nous le disent ; et quand ils sont moins bons, ils nous le disent aussi et je trouve ça très bien.
Par exemple, on va me dire : « Là, tu aurais pu poser une ou deux questions supplémentaires » ou encore « sur cette réponse, tu es peut-être allée un peu vite ».
La réalité du quotidien chez IMATECH
Qu'est-ce qui vous a surpris en bien ?
Illona Paliscot : Je ne m'attendais pas à être autonome si vite et je trouve ça très chouette parce que de ce fait, j'ai pu beaucoup progresser :
en relation client ;
en confiance en moi ;
en légitimité par rapport au poste, parce que jusque-là, j'avais un statut d'étudiante et là, c'est moi la professionnelle (je dirige l'appel, je dois faire au mieux pour interroger le sociétaire) ;
à l’oral.
Globalement, je suis devenue « plus à l’aise » alors qu’au début, je me demandais « est-ce que ça va aller ? » ! Je crois qu’on a tous une capacité d’adaptation qu’on n’avait pas anticipée.
Lors des entretiens, vous n'aviez pas abordé (ou perçu) cet aspect d'autonomie ?
Illona Paliscot : J'ai bien compris qu’on allait devenir vite autonome, mais au début, je me suis posé la question : « Est-ce que je m'en sens capable ? »
Est-ce qu'il y a des rituels chez vous ?
Illona Paliscot : Toutes les semaines, on fait ce qu’on appelle le « warmup » (le lundi en fin de matinée), souvent en deux groupes, parce qu'on est beaucoup. Plusieurs points peuvent être abordés. C’est davantage une petite réunion qui dure une trentaine de minutes sur comment s'est passé la semaine précédente, l’état des chiffres, le partage des questionnements et des retours, etc. est-ce qu'on a des questions.
Aussi, on a installé un « arbre à questions » : si on a une question à poser, on la met dans l’arbre et on peut y revenir lors de la petite réunion. C’est notamment dans cet arbre qu’une personne avait mis une requête pour une formation sur les appels dits « difficiles » (violences familiales, victimes d’agressions sexuelles, etc.).
Ambiance chez IMATECH et relations de travail
Racontez un moment où l'ambiance était vraiment bonne
Illona Paliscot : Il y a quelques semaines, on a fait un escape game en extérieur dans Lille et les managers étaient conviés aussi. On a fait un tirage au sort pour les équipes et on avait tous notre petit groupe. On circulait dans Lille, on croisait les autres équipes, on avait des défis à faire et c'était trop chouette.
La manager s'est même retrouvée à faire l'équilibre le long d'un des bâtiments du centre de Lille ! C'était hyper marrant et après on est allés boire un verre ensemble.
Et inversement, un moment plus stressant ?
Illona Paliscot : Ça m’arrive d’être un peu plus stressée quand un appel est plus compliqué que d’habitude. Par exemple, quand le bénéficiaire est tendu, quand le ton monte ou quand la personne nous prend de haut.
Dans ces moments-là, il faut garder son calme et adapter sa posture pour rester professionnel. Ça s’apprend avec le temps, et on est formés pour pour gérer ce genre de situations.
Pour ma part, après un appel difficile, j’aime bien prendre quelques minutes pour prendre l’air. Ça m’aide à évacuer et à repartir plus sereinement sur les appels suivants.
Avez-vous l’impression que ça jour sur le collectif ou l’ambiance au travail ?
Illona Paliscot : Il y a des jours où c’est plus difficile de prendre du recul, mais ça n’impacte jamais l’ambiance entre collègues. On est en open-space, donc on entend quand un appel est un peu tendu ! Quand c’est le cas, et lorsque nos appels le permettent, on prend une pause en même temps que le ou la collègue concerné(e) pour prendre de ses nouvelles. On échange, on débriefe si besoin et on tente de l’aider à relativiser pour qu’il/elle se sente mieux.
Est-ce qu'il y a des personnalités très différentes dans l'équipe ?
Illona Paliscot : Oui, je pense qu'on a tous des personnalités très différentes dans l’équipe.
Par exemple, pour les afterworks, c'est vraiment ouvert à qui veut : la personne qui est plus introvertie, qui souhaite rentrer après la journée, personne ne va y voir un inconvénient. On en refera un une prochaine fois quand cette personne voudra (ou pas) ! Certains sont plus extravertis que d'autres, mais globalement, tout le monde s'entend bien.
On est très volontaires pour les sorties et je pense que l’âge joue aussi parce qu’on n’a pas forcément encore tous des enfants. Ça dépend aussi des transports en commun, parce que certains prennent le train pour venir.
Quel type de profil ne pourrait pas s'épanouir dans l'entreprise ?
Illona Paliscot : Peut-être les personnes qui font de l’anxiété sociale ? Ou qui ne sont pas très à l’aise ? Car il y a une certaine productivité à avoir, donc pour certains profils, ça peut être une source de pression.
Aussi, on travaille en open space, donc ça peut être bruyant, certains collègues peuvent parler fort. Pour une personne qui n’aime pas travailler avec les autres, ça peut être compliqué (on n’a pas de bureau attitré, on s’assoit là où on le souhaite).
Enfin, la diversité des interlocuteurs peut aussi être difficile à « gérer », donc si on ne sait pas écouter activement ou si on est « sec » ou « agressif », je pense qu’il ne faut pas travailler chez IMATECH.
Certes, on a des interlocuteurs qui sont très gentils et très patients, qui nous remercient, mais il y en a d'autres qui peuvent être très agacés, parfois agressifs et pas très agréables. Pour une personne qui ne sait pas gérer (ce qui s'entend, parce que c'est pas toujours évident) ou qui a du mal à s’affirmer, je pense que ça peut être compliqué.
Vous avez déjà dû raccrocher ?
Illona Paliscot : Oui, ça m'est déjà arrivé de devoir raccrocher face à un sociétaire qui ne me respectait pas. Néanmoins, nous devons toujours avertir avant de mettre fin à la conversation.
Le droit à l'erreur et l'apprentissage
Qu'est-ce que vous savez faire aujourd'hui que vous ne saviez pas faire en arrivant ?
Illona Paliscot : J’ai appris à écouter les autres, à développer mes capacités relationnelles et à m’adapter.
Par exemple, j’ai parfois des femmes en larmes qui m’appellent parce qu’elles sont victimes de violences conjugales. Avant, je ne savais pas gérer ce genre de situations. Maintenant, je sais comment réagir, comment poser des questions en essayant de ne pas traumatiser la victime une nouvelle fois, etc.
Évidemment, dans ces situations, on se fiche du temps d’appel ! Il faut prendre le temps de faire le point pour lancer les dossiers de protection juridique en urgence afin d’aider la victime le plus rapidement possible. Là, je trouve qu’il faut savoir faire preuve d’adaptation, parce que 5 minutes avant, on avait un appel sur une petite dame qui nous appelle sur un problème de voiture. Ça n'a absolument rien à voir.
Ensuite, pour les appels spécifiquement, j’ai appris la directivité, l’autonomie et surtout, j’ai gagné en légitimité. Parce que, quand je suis arrivée dans l’entreprise, j’avais deux échecs au Barreau, donc j’avais peur de ne pas y arriver ou de ne pas progresser rapidement.
Mais, en réalité, cela n’a rien à voir :
Pour le Barreau, on devait énormément développer, ce n’était pas une réponse du tac au tac ;
Ici et aujourd’hui, j’ai aussi appris à être plus concise, à consigner mieux et plus vite, sans pour autant perdre en qualité dans mes écrits. Quand on a suffisamment questionné la personne, on répond à une question juridique claire. On ne fait pas plein d’hypothèses comme pour le Barreau.
Comment faites-vous quand une question est trop compliquée ?
Illona Paliscot : On peut mettre le dossier en recherche. On fait nos recherches de notre côté, puis les experts peuvent aussi répondre à nos questions.
On a aussi ce qu'on appelle l'assistance plateau : on peut voir l'emploi du temps des experts pour savoir s'ils sont disponibles afin de les appeler pour discuter du cas (il se peut qu'on n’ait pas la réponse et c'est complètement normal).
Après, on a un délai maximum de 48 heures pour rappeler le sociétaire et lui délivrer la réponse. Si on tombe sur la messagerie, on laisse un message indiquant qu’on a la réponse (on ne délivre jamais la réponse sur le répondeur) et après les personnes nous rappellent.
Salaire de juriste chez IMATECH
Combien gagnez-vous par mois ?
Illona Paliscot : Je suis en poste depuis février et je gagne 2 210 euros brut par mois (2 000 euros net avec la prime).
Au départ, le montant brut me posait un peu question, mais je pense que c’est aussi pour ça que nous sommes éligibles à prime (et sûrement pour ça également que l’équipe à Lille est assez jeune). Ce niveau de rémunération peut sembler limité pour une personne expérimentée. Mais l’équilibre entre vie professionnelle et personnelle est un vrai plus pour les personnes attachées à leur qualité de vie. Tout dépend ce que l’on recherche finalement !
On a aussi une prime essence, ce qui fait tout de même monter le salaire.
Quelles sont les conditions d'obtention des primes ?
Illona Paliscot : Une fois qu'on a la période d'essai validée, on est sujets à prime. Celle-ci se fait en fonction :
du nombre d'appels (objectif : 25 appels par jour. Au début, quand le manager m’avait dit ça en entretien, je trouvais ça énorme ! Alors qu’aujourd’hui, je fais ça sans problème) ;
du temps moyen d'appel (entre 12 et 13 minutes) ;
du taux de consignation. À chaque fois qu'on nous appelle, on ouvre un dossier. Si les sociétaires ont plusieurs questions, on est obligés d’ouvrir plusieurs dossiers si les questions n'ont pas de rapport entre elles (exemple : si on a une question de droit du travail après une en droit de la famille, on est obligés d'ouvrir plusieurs dossiers).
Forcément, si l’appel écouté n'est pas bon, on n’aura pas la prime ! Et selon les mois, la prime peut donc varier en fonction des critères précédemment cités.
Et vous avez déjà eu une prime depuis votre arrivée en février ?
Illona Paliscot : Oui ! Mais pas le premier mois. Je dirais qu'il faut environ 3/4 mois pour réussir à avoir le rythme de croisière des 25 appels. C'est le temps de se mettre en route !
Perspectives d'évolution au poste de juriste
Quelles sont les perspectives d'évolution ?
Illona Paliscot : Sous réserve de la disponibilité des postes, on peut devenir expert pour ceux qui le veulent ou éventuellement rédacteur de fiches si l’on souhaite réaliser davantage de veille juridique.
Demain, si vous deviez quitter l'entreprise, ce serait pour quelle raison ?
Illona Paliscot : Si je devais quitter l'entreprise, ce serait pour le salaire je pense… Ou si je n'avais pas l'envie de devenir experte, peut-être que je me lasserais de prendre des appels tous les jours (mais pas avant plusieurs années je pense). Pour l'instant, c'est mon premier poste et j'aime ce que je fais !
Comment utilise-t-on l'IA chez IMATECH ?
Comment intégrez-vous l'intelligence artificielle dans votre métier de juriste ?
Illona Paliscot : J'utilise une IA juridique développée à 100 % par IMATECH. Elle vient en appui des juristes en générant des réponses fiables adossées à la base de données interne d'IMATECH. Quand je passe un appel, je fais 2 choses :
J'utilise des fiches rédigées par nos experts, régulièrement actualisées en fonction des lois qui peuvent tomber (il y en a environ 2 000) ;
J’utilise l’IA juridique IMATECH : je peux lui copier mes faits ou ma question juridique et elle va m’aider à développer ma réponse, notamment par rapport à nos fiches.
Ce que j'aime bien, c'est qu'il y a plusieurs étapes dans la réponse formulée.
La première étape, c’est ce qu’on va appeler la majeure en droit, soit le texte juridique qui va être utilisé ;
La seconde étape, ce sont les faits ;
La troisième étape consiste en l’application des textes aux faits d’espèce. Par exemple, l’IA va prendre le texte et me dire, « en l’espèce, votre cliente a acheté la voiture à tel moment, etc. ».
L’IA a aussi la possibilité de nous communiquer des questions supplémentaires qu'on aurait pu poser pour peaufiner l'échange avec le client et, in fine, peaufiner le dossier. Elle nous donne ensuite une réponse, une conclusion et les étapes à envisager pour la suite (dire à la personne de rédiger une lettre recommandée, de consulter un médiateur, un conciliateur de justice, faire passer un expert automobile, etc.).
Elle ne remplace pas l’utilisation de nos fiches, au contraire, je trouve que ça se complète bien, parce qu’on ne peut pas se contenter uniquement de ce que va répondre l’IA.
Vous avez été formée dès votre arrivée ?
Illona Paliscot : Oui, c'est ça. On nous a montré comment elle fonctionnait et on nous a aussi expliqué comment accéder aux fiches rapidement (parce qu'il y en a 2 000 tout de même !).
IMATECH vu de l'intérieur
De quelle manière IMATECH se démarque d'autres structures juridiques ?
Illona Paliscot : Je dirais qu'elle se démarque par l'autonomie offerte dès les premiers mois, car on reçoit une confiance managériale qui permet de monter en compétences plus rapidement que dans un cabinet d'avocats où on est sujets à des missions qui sont peut-être limitées en tant que stagiaire, par exemple. C'est très agréable d'avoir cette confiance !
On a aussi 3 jours de télétravail, ce qui n'est pas toujours envisageable dans les autres cabinets ou structures.
Quelle est la politique de télétravail ?
Illona Paliscot : Alors, sous réserve de la montée en compétences (et justement de la validation de nos appels enregistrés), on peut avoir jusqu'à 3 jours de télétravail par semaine.
Après la période d'essai, on a un appel écouté par mois. Donc, 3 mois après la période d'essai, on peut directement avoir 3 jours de télétravail par semaine. C'est un jour de télétravail par appel.
Est-ce qu'il y a une politique de parentalité ?
Illona Paliscot : Pas que je sache (mais j'avoue ne pas être très renseignée, car je ne suis pas concernée, comme une majeure partie de l'équipe).
💡 Bon à savoir : chaque collaborateur peut bénéficier d'un congé non rémunéré en cas de maladie ou d'accident, constaté par certificat médical, d'un enfant à charge de moins de 16 ans. La durée de ce congé est au maximum de 55 heures par an. Les 40 premières heures sont rémunérées à hauteur de 50 % de la rémunération de base.
Quels sont les avantages chez IMATECH ?
Illona Paliscot :
On a une prise en charge de 4,56 euros pour les repas (avec le prestataire Refectory), mais on monte vite à 10 euros pour un repas. Je trouve ça dommage de ne pas avoir de tickets-restaurants (on a déjà fait une demande, mais pour l’instant, cela n’a pas été accepté par la direction) ;
On a aussi une prime d’intéressement et une prime de participation (je ne connais pas les montants) ;
Le télétravail est indemnisé jusqu’à trois jours par semaine ;
Il y a une prise en charge des frais de mutuelle à hauteur de 65 % ;
Une prise en charge des frais de transports à hauteur de 70 % ;
Et avec le CSE, on a des chèques vacances (j'ai payé 35 euros pour en avoir 150).
Une phrase pour résumer l'esprit de l'entreprise et du Groupe IMA ?
Illona Paliscot : Je dirais que c’est une entreprise qui permet l’autonomie, l'enrichissement personnel et le développement de la culture juridique. Et aussi, que c’est une entreprise bienveillante de ses salariés. Oui, ça fait 2 phrases !