« Chez Cohen & Gresser, 50% des collaborateurs sont d'anciens stagiaires »
Par La Rédaction — 2026-06-05
[BRUITS DE COULOIR] Justine Pichereau, collaboratrice senior chez Cohen & Gresser depuis 7 ans, donne son avis sur le cabinet sans langue de bois : ambiance, management, dossiers, rituels et recrutement.
Vous cherchez un avis sur Cohen & Gresser, des informations sur le recrutement, les stages ou le quotidien des avocats au sein du cabinet ? Dans ce témoignage Bruits de couloirs, Justine Pichereau, collaboratrice senior depuis 7 ans, partage son expérience sans langue de bois : la culture interne, le niveau d'exigence, les rituels, le profil qui s'épanouit ici et celui qui devrait aller voir ailleurs.
Cohen & Gresser est le bureau parisien d'un cabinet américain fondé à New York, avec des bureaux à New York, Washington DC, Palo Alto, Londres et Dubaï. Le cabinet intervient en corporate M&A, droit social, droit fiscal, contentieux et droit pénal des affaires, avec une forte dimension transversale et internationale.
Interviewée | Justine Pichereau, collaboratrice senior |
Diplôme | M2 Droit anglo-américain des affaires, Université Paris I Panthéon-Sorbonne |
Parcours | Stage final chez Cohen & Gresser en janvier 2019. Prestation de serment en janvier 2020. Restée au cabinet depuis. |
Spécialité | Droit des sociétés, corporate M&A, droit commercial et droit des contrats |
Ancienneté | 7 ans au cabinet |
Synthèse rapide sur le cabinet Cohen & Gresser
Positionnement | Les avantages d'une grande structure internationale, la proximité d'un cabinet à taille humaine |
Taille à Paris | Une vingtaine d'avocats, 5 associés (3 femmes, 2 hommes) |
Création bureau Paris | 2014 |
Pratiques chez Cohen & Gresser | Corporate M&A, Private Equity, Marchés financiers/boursiers, Droit social, Droit fiscal, Droit pénal |
International | Bureau américain. Bureaux à Paris, New York, Washington DC, Palo Alto, Londres et Dubaï. Clients anglophones fréquents. |
Transversalité | Conseil et contentieux dans la majorité des équipes |
Horaires | 9h – 19h30/20h en rythme de croisière. Week-end exceptionnel. |
Rémunération | Grille par année de barreau, alignée marché, réévaluée régulièrement. Non publique. |
Anglais | Requis : lecture, rédaction, réunions et calls en anglais avec clients et autres bureaux |
Recrutement | Pas de checklist d'écoles. Feeling et personnalité déterminants. La moitié des collaborateurs sont d'anciens stagiaires. |
Turnover | Faible. 5 à 7 ans d'ancienneté moyenne pour les collaborateurs seniors. |
Évaluation IA | Plusieurs outils en cours d'évaluation. Aucun choix arrêté à ce jour. |
Avis sur Cohen & Gresser : le verdict
Cohen & Gresser Paris se distingue par un positionnement particulier : les avantages d'une grande structure internationale (dossiers d'envergure, dimension franco-américaine, bureaux notamment à New York, Londres et Dubaï) avec la proximité d'un cabinet à taille humaine (2 à 4 collaborateurs par équipe, accès direct à l'associé). Le cabinet est noté positivement par ses collaborateurs pour l'ambiance, la diversité des dossiers et la responsabilisation rapide. Le turnover y est faible : la moitié des collaborateurs actuels sont d'anciens stagiaires.
Dimension | Appréciation |
|---|---|
Ambiance | Très bonne, bons vivants, zéro compétition interne |
Management | Direct, portes ouvertes, pas de strates |
Formation | Rapide, par l'exemple, responsabilisation dès la 2e année |
Dossiers | Diversifiés, conseil + contentieux, envergure inattendue pour la taille |
International | Fort : clients anglophones, bureaux NY et Londres, séminaire annuel NY |
Horaires | Raisonnables en croisière (9h–20h), week-end exceptionnel |
Rémunération | Grille marché par année de barreau, non publique |
I. Ambiance et culture chez Cohen & Gresser
Quand vous arrivez le matin, qu'est-ce qui vous fait plaisir au cabinet ?
Justine Pichereau : Ce qui me fait plaisir quand j'arrive le matin, c'est de retrouver tout le monde. De passer une tête dans tous les bureaux, dire bonjour, on discute, on se raconte nos week-ends brièvement. Tout le monde s'entend bien, donc on est content de se retrouver, de prendre des nouvelles des enfants, de ceci, de cela. C'est un moment que j'apprécie vraiment.
Comment définiriez-vous l'ADN du cabinet en deux mots ?
Bons vivants et humour, ce seraient mes deux mots. On est des bons vivants. On aime bien quand il y a des gâteaux dans la cuisine, quand quelqu'un propose d'aller prendre un pot le vendredi soir, quand on se fait un resto à midi. Et puis on rigole, on a tous de l'humour, on a des blagueurs dans l'équipe.
Ce qui vous rend fière de travailler ici, c'est quoi concrètement ?
Ce qui me rend fière, c'est de travailler sur des dossiers vraiment intéressants. Et puis je vois la progression que j'ai eue sur ces sept ans, et c'est parce qu'on m'a bien formée. Comme on est de petites équipes, ça permet de prendre le lead sur des choses plus tôt. Dans d'autres cabinets, tu aurais peut-être été mise dans le grand bain en 5e année. Là, dès la 2e ou 3e année, tu y es. Et puis je travaille avec des personnes qui, au bout de sept ou huit ans, m'impressionnent et m'inspirent encore.
Ce qui ne change pas, peu importe qui arrive ou part ?
On reste toujours sur la même philosophie. Des gens solidaires, personne ne se tire dans les pattes, personne ne cherche à tirer la couverture à soi. C'est une ambiance positive. Ce n'est pas forcément lié aux personnes parce qu'elles ont changé… et c'est toujours là. Donc je pense que c'est aussi beaucoup lié à la structure et aux personnes qui recrutent.
« On est solidaires. Personne ne cherche à tirer la couverture à soi. Et ça, ça ne change pas au fil des personnes, c'est lié à la structure elle-même. »
— Justine Pichereau
II. Le management chez Cohen & Gresser
Le management, c'est un gros mot chez vous ?
Justine Pichereau : Le management, ça recoupe pas mal de réalités. À vrai dire, ça se fait assez spontanément. On est de petites équipes, donc il y a l'associé, un ou deux collaborateurs. Il n'y a pas une politique qui est mise en place, ça se fait de manière assez naturelle selon les personnalités de chacun. C'est un management assez direct. On est vraiment dans la politique des bureaux ouverts, on échange sur les dossiers, on parle de projets main dans la main. Ce n'est pas un management par mail à distance. C'est très direct en réalité.
Est-ce qu'il y a des moments formels d'évaluation ?
On a des entretiens annuels pour rediscuter de l'année qui vient de s'écouler, de ce qu'il y a à améliorer, des perspectives d'évolution de chacun. Mais indépendamment de ce moment formalisé, s'il y a des choses à dire, on en discute assez ouvertement. situations. On ne laisse pas les problèmes s’installer.
Et sur les horaires de travail, quelle est la réalité ?
En général, me concernant, c'est environ 9h jusqu'à 19h30 ou 20h pour les journées normales. En droit des sociétés, il y a des périodes où les deals se closent et là les horaires sont différents. Mais en rythme de croisière, c'est ça. Le week-end, dans l'ensemble non, sauf quand il y a besoin. Ce n'est pas la règle générale. On est plutôt du genre à dire aux stagiaires qui restent trop tard de rentrer chez eux.
Le forum mensuel, ça ressemble à quoi concrètement ?
Un vendredi par mois, on fait un petit-déjeuner où tout le monde se retrouve autour de la table. Chacun parle un peu de son actualité, des sujets juridiques qui peuvent intéresser les autres équipes. Et puis parfois des sujets plus pratiques, comme installer des patères pour les manteaux. C'est un forum pour faire remonter les choses, où tout le monde est présent. Et puis il y a un deuxième petit-déjeuner par mois, beaucoup plus informel, où là on discute vraiment de la pluie et du beau temps.
III. Formation et dossiers
Pourquoi choisir Cohen & Gresser plutôt qu'un cabinet comparable pour apprendre ?
Justine Pichereau : Je pense que Cohen & Gresser offre une bonne formation parce que c'est très transversal. Il n'y a pas de typologie de client type, pas de typologie de dossier type. On peut intervenir pour des clients prestigieux et des dossiers d’envergure comme pour de petites structures. On y retrouve du conseil et du contentieux. En termes de formation, c'est ultra diversifié. Quelqu'un qui cherche à faire un stage en ressort dès six mois en ayant appris beaucoup, même des choses qu'il ne pensait pas apprendre en arrivant.
La transversalité conseil/contentieux, ça change quoi concrètement ?
Ça change complètement le prisme. On ne rédige pas un pacte d'actionnaires de la même façon quand on a fait du contentieux sur les problèmes que ça peut engendrer. Ces deux éléments se nourrissent l'un l'autre. Et ça, on ne le retrouve pas partout.
« En conf call, les confrères arrivent à cinq avec l'équipe M&A, l'équipe financement, l'équipe restructuring. Nous, on arrive à deux, parce qu'en fait toutes ces équipes se résument à deux personnes de notre côté. Et c'est toujours assez rigolo d'entendre : 'Vous me donnerez les contacts de l'équipe financement.' Non, non, c'est aussi nous l'équipe financement. Bien entendu, lorsque des sujets requièrent une expertise particulière qui n’entre pas dans notre champ de compétence, nous faisons naturellement appel aux spécialistes concernés, en interne ou en externe. »
— Justine Pichereau
Qu'est-ce que vous savez faire aujourd'hui que vous ne saviez pas faire en arrivant ?
Tout, honnêtement. Je suis arrivée en stage final, je ne savais rien faire ou presque. Ce que j'ai vraiment appris, c'est à approfondir. Au début, on a tendance à s'arrêter au premier article qu'on trouve. Maintenant, le réflexe c'est : tu n'as pas une source, tu en as trois ou quatre qui disent la même chose. Et chaque ligne que tu lis, tu dois la comprendre et comprendre pourquoi. Sinon, tu creuses. J'ai eu la chance de travailler avec une collaboratrice très pointilleuse sur ça, qui me renvoyait 'plus, plus, plus' jusqu'à ce qu'on aille vraiment au bout du raisonnement.
Et sur l'IA, quel est votre point de vue pour la formation des juniors ?
Je suis honnête : je ne suis aujourd'hui pas une grosse fan. Les outils ont leurs limites en juridique. Soit ce sont des outils généralistes qui donnent des réponses basées sur la jurisprudence et les textes de loi, mais sans accès à la doctrine. Et c'est ce qui m'intéresse le plus quand je fais une recherche. Pour poser la bonne question à l'IA, il faut déjà avoir une idée de ce qu'on cherche. Et surtout, quand on cherche soi-même, on tape dans des murs, on découvre des choses qui ne marchent pas, mais au bout du compte on a appris cinq trucs en plus de trouver la réponse. C'est ça la formation. Je pense que c'est un peu dangereux pour les premières années si on s'y repose trop.
« Quand on cherche soi-même, on tape dans des murs. Mais à la fin de la journée, on a appris cinq trucs en plus de trouver la réponse. Avec l'IA, vous avez la réponse. Mais pas le chemin. »
— Justine Pichereau
IV. Vie collective et rituels
Qu'est-ce qui rythme votre année, au-delà du travail ?
Justine Pichereau : Il y a les deux petits-déjeuners par mois dont on a parlé. On a aussi un coach sportif qui vient au cabinet chaque semaine pour ceux qui veulent. Un week-end ski tous les ans en janvier-février, les deux dernières éditions à Méribel. La fête de Noël en décembre avec une activité surprise organisée par les collaborateurs qui ont rejoint le cabinet, et la soirée après. Et en début d'été, le séminaire à New York où tous les bureaux se retrouvent : New York, Washington DC, Palo Alto, Londres, Paris et Dubaï.
Le Secret Santa, vous en avez parlé, c'est quoi exactement ?
On le fait de manière originale, avec des règles loufoques et des gages pour les perdants. Les gages peuvent être valables toute l'année qui suit. Par exemple, chaque mois, les perdants doivent ramener quelque chose, essentiellement des pâtisseries et viennoiseries. C'est un rituel qui revient chaque année et qui crée vraiment des bons moments et des souvenirs.
Des petits moments plus spontanés qui vous reviennent ?
Oui, les associés qui commandent des sushis pour tout le cabinet au dernier moment. Ou quelqu'un qui apporte un gâteau qu'il a fait. Ce ne sont pas des initiatives encadrées, c'est très spontané. Ah ! Et le fait que l'on déjeune souvent ensemble entre collaborateurs, c'est très ancré.
Les rituels du cabinet
Rituel | Fréquence | Détails |
|---|---|---|
Petit-déjeuner forum | 1 fois / mois | Associés et collaborateurs réunis. Actualité juridique de chaque équipe, sujets transversaux, questions de fonctionnement. Tout le monde prend la parole. |
Petit-déjeuner informel | 1 fois / mois | Viennoiseries en salle de réunion, passage libre, échanges sans ordre du jour. |
Coach sportif | 1 fois / semaine | Séance de sport au cabinet pour les collaborateurs qui le souhaitent. |
Week-end ski | 1 fois / an | Janvier-février. Deux dernières éditions à Méribel. Organisé par les associés et les assistants. |
Séminaire à New York | 1 fois / an | Début d'été. New York, Washington DC, Palo Alto, Londres, Paris et Dubaï. Grand meeting commun. |
Fête de Noël + Secret Santa | 1 fois / an | Activité en soirée organisée par les collaborateurs (Laser Game, tir...). Secret Santa avec règles loufoques et gages mensuels valables toute l'année. |
V. Rémunération et salaires chez Cohen & Gresser
Est-ce qu'il y a une politique de rémunération affichée ?
Justine Pichereau : Il n'y a pas de tableau dans la cuisine, non. Mais la grille de rémunération est réévaluée de manière assez régulière par rapport au marché. Et c'est par année de barreau : les premières années sont à tel niveau, quand on passe en deuxième année on passe sur la grille correspondante, et cetera. Ce n'est pas public. Mais elle est alignée sur le marché et réévaluée régulièrement.
VI. Profil recherché et recrutement chez Cohen & Gresser
« Il ne faut surtout pas postuler chez nous si... »
Si vous avez envie ou besoin d'évoluer dans une grosse équipe avec beaucoup de strates, où vous savez que ce que vous faites va être relu par quatre personnes après. Si vous avez besoin de ce côté très hiérarchisé et très processé, je pense que ce n'est pas le bon endroit. On est deux à trois collaborateurs par équipe avec l'associé en direct, il n'y a pas de buffer entre vous et lui.
Et à l'inverse, le profil qui va vraiment s'épanouir chez vous ?
Chez Cohen & Gresser, les profils qui s'épanouissent sont ceux qui n'ont pas envie de se cloisonner. Moi, clairement, c'était mon choix en fin d'études : l'idée de faire que du M&A tous les jours ne m'intéressait pas. J'avais envie de quelque chose de plus varié. Et puis quelqu'un qui a envie d'être vraiment impliqué dans le dossier de bout en bout dès le début. Pas juste voir un morceau du dossier. Que ce soient les stagiaires ou les collaborateurs, ils sont impliqués dans les dossiers dans leur entièreté. Et ça donne accès à des choses que l'on n'a pas dans d'autres cabinets. En social par exemple, les stagiaires peuvent être amenés à travailler sur des dossiers de PSE, ce qui est très rare ailleurs. Quelqu'un de curieux, qui n'a pas peur d'être lancé dans le grand bain un peu plus vite.
Quel avocat s'épanouit ? Qui devrait passer son chemin ?
Postulez si... ✅ | Ce n'est pas pour vous si... ❌ |
|---|---|
+ Vous voulez être dans le dossier de bout en bout, pas dans un angle étroit | - Vous avez besoin d'une hiérarchie solide et de nombreuses relectures pour vous sentir guidée |
+ L'idée de faire conseil et contentieux dans la même équipe vous attire | - Vous voulez vous spécialiser très vite sur un seul type de dossier |
+ Vous préférez travailler en direct avec l'associé sans strates intermédiaires | - Le format collab junior/middle/senior vous rassure |
+ Vous êtes curieux de matières que vous n'aviez pas prévues en arrivant | - Votre anglais est passif ou insuffisant pour des situations professionnelles |
+ L'international (clients anglophones, bureaux notamment à NY et Londres) fait partie de ce que vous cherchez | - L'international ne fait pas partie de vos priorités |
+ Votre anglais vous permet de rédiger et de suivre des réunions professionnelles |
|
+ Vous souhaitez une responsabilisation rapide dès les premières années |
|
C'est quoi le processus de recrutement, concrètement ?
Pour les collaborateurs : en général un premier entretien avec un associé et un collaborateur de l'équipe. Si ça se passe bien, un deuxième entretien avec tous les associés. Et ensuite une rencontre plus informelle avec les autres collaborateurs, souvent spontanée juste après l'entretien. A partir du moment où le premier entretien s'est bien passé, ça peut aller très vite. La dernière collaboratrice que l'on a recrutée en fiscal, c'était fait en un mois environ.
Il y a une checklist d'écoles ou de diplômes ?
Non, pas du tout. Il n'y a pas de nécessité d'avoir fait ses études dans telle université ou école en particulier ou à l'étranger. Il n'y a vraiment pas que des parisiens. Une bonne partie d'entre nous ne sont pas originaires de Paris. Ce qui compte le plus, c'est la personnalité et la formation en cabinet parmi les stages. Ce qu'on retient, c'est souvent quelque chose d'un peu atypique dans le parcours ou les passions. Si c'est le candidat qui fait de l'escrime, ça sort, ça reste.
Vous recrutez souvent vos anciens stagiaires ?
Je pense que sur les collaborateurs d'aujourd'hui, la moitié sont d'anciens stagiaires du cabinet. C'est vraiment une voie d'entrée. Et si on regarde les collaborateurs actuels, beaucoup sont là depuis 2019 ou 2020. Le turnover est vraiment faible.
Les entretiens d'embauche chez Cohen & Gresser
Qu'est-ce qu'on ne dit pas pendant le recrutement mais qu'on sait une fois dans la place ?
Justine Pichereau : On essaye d'être clairs. Sur notre équipe en particulier, il y a une chose que l'on essaie par exemple d'expliquer mais qui peut quand même surprendre : on a dans une même équipe des collaborateurs qui font du fiscal et d'autres qui interviennent majoritairement en corporate mais également sur d'autres aspects du droit des affaires. Il a parfois pu y avoir des incompréhensions, des candidats qui pensaient venir pour faire que du M&A et qui découvrent que c'est plus large. Du coup on essaie d'être très transparents là-dessus. L'autre chose, c'est la saisonnalité : un stagiaire arrivé pendant une période calme ne verra pas les mêmes dossiers que celui qui est là pendant une grosse opération. C'est quelque chose qu'il faut anticiper.
Ce que vous mettez un point d'honneur à dire quand vous faites passer des entretiens ?
On essaie d'être assez naturel. Il n'y a pas de speech prédéfini, pas de discours poli. Et on aime bien quand les candidats sont pareils en face. A la fin de l'entretien, on ne veut pas juste avoir vu un CV, on veut comprendre qui ils sont. Ce qu'on retient, c'est souvent les choses un peu atypiques. Quelqu'un qui fait de l'escrime, une passion inattendue, ça sort et ça reste. Le candidat naturel et sans sur-préparation formatée, c'est celui qui nous intéresse le plus.
Retrouvez les avis sur Cohen & Gresser sur le BarreauMètre →
VII. Évolution interne et perspectives
L'évolution vers l'association, ça se passe comment ?
Justine Pichereau : Les pratiques se construisent beaucoup par rapport aux envies des associés. C'est eux qui donnent l'impulsion, qui disent 'ce sujet m'intéresse, j'ai envie de développer une pratique dans cette matière'. Et ensuite ils recrutent des collaborateurs en fonction. Ce qui est vrai, c'est que la taille du cabinet permet d'être vite responsabilisé. Dès la 2e ou 3e année, tu peux prendre le lead sur des choses que tu n'aurais vues qu'en 5e année ailleurs.
Quand des gens partent au bout d'un an, c'est pour quelles raisons en général ?
Ce n'est pas beaucoup arrivé depuis que je suis là, le turnover n'est pas très important. La période la plus courte que j'ai vue, c'était plutôt un an et demi, deux ans. Et c'était plus parce qu'il y avait eu un changement dans l'équipe entre le moment du recrutement et l'arrivée. Honnêtement, les gens restent. Les collaborateurs actuels sont là depuis 2019 ou 2020 pour la plupart.
VIII. Dimension internationale du cabinet d'avocats
Parler anglais chez vous, ça veut dire quoi exactement ?
Justine Pichereau : Ça veut dire être capable de relire des documents en anglais, de les comprendre, d'en rédiger. Et puis de suivre des conversations en anglais, parce que l'on a beaucoup de clients anglophones. Les calls et les réunions se font en anglais. Il faut être capable de suivre et de comprendre. Ce n'est pas un critère éliminatoire dès lors qu'on ne parle pas anglais à la perfection, mais la pratique professionnelle est indispensable. Les LLM sont toujours un atout apprécié.
Les liens avec les autres bureaux, ça se vit comment au quotidien ?
On a un logiciel commun avec les autres bureaux pour la gestion des dossiers. Cela permet d'avoir accès aux documents et même aux modèles produits par les autres bureaux. Et puis il y a des dossiers en commun sur des questions internationales. Le séminaire annuel à New York, c'est aussi l'occasion de rencontrer concrètement les collègues que l'on ne voit qu'en conférence call le reste de l'année.
IX. Diversité, inclusion et pro bono chez Cohen & Gresser
La parité chez les associés, c'est comment ?
Justine Pichereau : Sur les cinq associés au bureau de Paris, il y a deux hommes et trois femmes.
Est-ce qu'il y a des engagements pro bono ou RSE affichés ?
Il y a des dossiers pro bono qui sont faits dans certaines équipes, oui. Mais ce n'est pas quelque chose qui est très communiqué en interne, en tout cas de mon côté. Je pense que c'est plus mis en avant au niveau du bureau de New York. Ce n'est pas quelque chose de prépondérant dans l'identité du bureau parisien.
Fiche ADN Cohen & Gresser Paris · BarreauMètre
Type de structure | Cabinet américain. Bureau New York, Washington DC, Palo Alto, Londres et Dubaï. |
Ouverture Paris | 2014 |
Taille Paris | Une vingtaine d'avocats, 5 associés |
Parité direction | 3 associées femmes, 2 associés hommes |
Pratiques | Corporate M&A, Private Equity, Marchés financiers/boursiers, Droit social, Droit fiscal, Droit pénal des affaires |
Transversalité | Conseil et contentieux dans la majorité des équipes |
International | Clients anglophones fréquents. Dossiers avec les autres buraux. Séminaire annuel NY. |
Effectif par équipe | 2 à 4 collaborateurs par équipe avec l'associé en direct |
Horaires | 9h – 19h30/20h en croisière. Week-end exceptionnel. |
Rémunération | Grille par année de barreau, alignée marché, non publique |
Anglais | Requis (lecture, rédaction, réunions et calls en anglais) |
Formation | Par l'exemple et la pratique. Responsabilisation rapide. Pas de programme formel. |
IA | Plusieurs outils en cours d'évaluation. Aucun choix arrêté. |
Recrutement | Pas de checklist d'écoles. Feeling + personnalité. Beaucoup d'anciens stagiaires. |
Turnover | Faible. 5 à 7 ans d'ancienneté moyenne pour les collaborateurs seniors. |
Pro bono / RSE | Existant mais peu visible au niveau du bureau parisien. Plus présent à NY. |
Rituels | 2 petits-déj/mois (forum + informel), coach sportif hebdo, ski annuel, séminaire NY annuel, Noël + Secret Santa avec gages |
Profil idéal | Curieux, non cloisonné, à l'aise dans le grand bain, anglophone, sans besoin de hiérarchie lourde |
Voir la page Cohen & Gresser sur le BarreauMètre
Avis indépendants de stagiaires et collaborateurs.
Article publié par Le BarreauMètre dans le cadre de la série « Bruits de couloirs ». Témoignage recueilli en mai 2026.